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| Le Groupe de réflexion-action "DIPOLEAU" : archives |
Journées EDF sur la directive cadre des 22-23 mai 2003
Deux sujets abordés dans la DCE préoccupent les industries
et notamment les producteurs d’électricité : les rejets
de substances chimiques présentant un risque environnemental et
le bon état écologique.
Pour les aider à faire le point dans ces domaines sur l’état
actuel de l’élaboration des travaux préparatoires
à la mise en œuvre de la DCE, et sur la perception qu’en
ont divers acteurs, EDF R&D a fait appel à des experts et chercheurs
qui ont accepté de faire des exposés et de répondre
aux questions posées lors de six tables-rondes lors de journées
techniques le 23 mai 2003.
Synthèse des
débats sur les substances dangereuses et l’état écologique
ainsi que le résumé de chacune des interventions.
Directive cadre sur l’eau : notion de
bon potentiel écologique dans l’environnement des barrages-réservoirs
La directive cadre sur l’eau considère que le bon état
chimique – c’est à dire l’absence de substances
chimiques à un niveau dangereux - doit être à terme
la règle dans les milieux aquatiques continentaux et littoraux
de l’Union européenne, sauf mise en évidence claire
au cas par cas du caractère disproportionné des coûts
des méthodes d’élimination à mettre en oeuvre.
Par contre, la directive a acté le fait que le bon état
écologique - qui caractérise une vie aquatique proche d’un
milieu non affecté par l’activité humaine –
ne peut pas être un objectif général, les modifications
hydromorphologiques des milieux aquatiques étant jugées
inévitables pour satisfaire des besoins humains indispensables.
Parmi ces besoins admis, figurent notamment l’alimentation en eau
potable, la protection contre les crues et les sécheresses, la
production d’énergie et la navigation.
Pour des usages de ce type jugés durables et qui seraient remis
en cause par la recherche de l’atteinte du bon état écologique,
il est admis que l’objectif écologique des milieux aquatiques
à caractéristiques hydromorphologiques significativement
modifiées ne soit pas le bon état, mais le bon potentiel.
Celui-ci doit présenter de faibles écarts écologiques,
non pas à une situation non perturbée par l’activité
humaine, mais à un milieu aquatique comparable appliquant les meilleures
pratiques disponibles possibles, tout en ne mettant pas en cause la satisfaction
des usages associés.
Il se peut que les coûts d’atteinte du bon potentiel apparaissent
disproportionnés. Des objectifs moins stricts devront alors être
établis et justifiés au cas par cas, dans le même
esprit que ce qui est prévu pour la chimie (voir ci-dessus) ou
pour des sites peu affectés hydromorphologiquement pour lesquels
l’atteinte du bon état écologique apparaît problématique.
L’environnement des grands barrages–réservoirs dont
les usages peuvent être multiples et durables entre clairement dans
le champ des sites pouvant prétendre à l’objectif
de bon potentiel écologique.
La plupart des experts l’admettent pour le réservoir lui-même,
qui ne peut avoir en général la flore et la faune de la
rivière d’origine, voire d’un lac naturel, supposés
non influencés par l’homme.
Il y a par contre discussions sur l’étendue géographique
à considérer pour le domaine fluvial aval. Il n’y
a en particulier pas consensus sur le degré d’altération
morphologique et hydrologique à prendre en compte. Il a même
été envisagé un temps par la Commission européenne
d’exclure les facteurs hydrologiques, avant que les directeurs de
l’eau reconnaissent fin 2002 la possibilité de les inclure
- même sans altération morphologique visible - dans le cas
des barrages-réservoirs, position reprise dans le guide européen
thématique sorti en janvier 2003.
Ces discussions sont rendues difficiles, d’une part par l’absence
aujourd’hui d’une définition reconnue pour le bon état
écologique, et d’autre part par l’obligation de découper
le réseau hydrographique en « masses d’eau »
à extrémités fixes et à objectif environnemental
spécifique. Il est clair qu’une faible densité de
masses d’eau serait le découpage le mieux adapté,
d’une part pour tenir compte du fait que des organismes biologiques
comme le plancton sont très sensibles à l’hydrologie
et assez peu à des frontières théoriques, et d’autre
part pour permettre une gestion intégrée opérationnelle
à l’échelle du bassin versant, sachant que les sources
de perturbation à un endroit donné sont souvent multiples.
Si on retient ce point de vue, l’objectif de bon potentiel retenu
dans un écoulement à l’aval d’un barrage-réservoir
mériterait d’être appliqué sur une masse d’eau
de taille suffisamment grande, adaptée à la zone d’influence
morphologique et hydrologique effective du barrage.
Un autre point qui fait débat au niveau européen et doit
être abordé à Bruxelles cette année (groupe
ECOSTAT) est la place à donner à la physico-chimie dans
la définition du bon état écologique et du bon potentiel.
La directive - au moins dans la version anglaise - demande une physico-chimie
présentant des niveaux acceptables pour les organismes biologiques,
mais pas de normes. Le débat sera particulièrement à
suivre pour l’aval des grands barrages–réservoirs notamment
hydroélectriques, qui ne peut présenter, en général,
les caractéristiques physicochimiques du type de rivière
d’origine.
Les trois axes de l’analyse économique,
dans la directive cadre sur l’eau
L’analyse économique des utilisations de l’eau
(article 5) : dimensionner, localiser les efforts à fournir et
les mettre en perspective
L’analyse économique des utilisations de l’eau
consiste à produire les éléments de connaissance
qui permettent de prendre la mesure de l’importance économique
et sociale de l’eau dans un bassin : à quoi et à qui
sert-elle, quel est le poids économique (chiffre d’affaires,
valeur ajoutée, emplois) des activités associées,
quelles sont les relations entre ces usages. Ces données devront
par la suite être utilisées pour fonder les programmes de
mesures, pour appuyer et justifier les demandes de dérogation à
l’objectif ou aux délais de la directive, au regard du coût
des efforts nécessaires (article 4).
On vise ainsi à répondre aux questions : comment évaluer
et situer les efforts et avantages associés aux objectifs Directive
cadre, comment exprimer leur importance pour les activités concernées,
en regard de leurs investissements d’aujourd’hui et de demain,
quelle est la place de ces activités dans l’économie
et la société du bassin ?
L’analyse de la récupération des coûts :
la répartition et les transferts dans l’utilisation de l’eau
Le texte demande aux Etats membres de rendre compte du degré
auquel les coûts associés aux utilisations de l’eau
sont pris en charge par ceux qui les génèrent. Il s’agit
des coûts en capital, en fonctionnement et en maintenance, mais
aussi des coûts provenant de l’endommagement des ressources
et de l’environnement. C’est le sens du principe dit «
de récupération des coûts » (article 9, articles
5 et 11 qui renvoient à l’annexe III). Il s’agit donc
d’évaluer ces coûts et leur répartition entre
les trois grandes catégories définies par la directive,
que sont les ménages, les industries et l’agriculture. Il
s’agit de même de rendre compte des prix payés par
ces utilisateurs en regard de ces coûts, donc des régimes
de facturation pratiqués. Il s’agit enfin de rendre apparents
les coûts qui ne sont pas pris en charge par leurs auteurs, soit
du fait d’une subvention publique, soit du fait d’un transfert
d’une catégorie (ménage, industrie, agriculture) à
l’autre. Les solidarités et les subventions publiques ne
sont pas interdites par le texte, lorsqu’elles servent à
la réalisation des objectifs de la directive et qu’elles
sont en accord avec le reste des règlements, mais elles doivent
être explicites et évaluées. L’analyse doit
être dynamique afin de permettre de rendre compte de l’évolution
de la récupération des coûts entre les différentes
échéances de la Directive (situation en 2004 (article 5),
plan de gestion (article 9 et 13, annexe VII), 2015 (article 9)).
On vise ainsi à répondre aux questions : qui supporte et
supportera quels coûts et quels dommages, qui paie pour ces coûts,
et qui prend en charge les différences entre prix et coûts
?
Exemple de travail
d’analyse économique de la récupération des
coûts effectué par le pôle évaluation et prospective
de la direction des études, de la prospective et de l’évaluation
environnementale de l’Agence de l’Eau Seine Normandie .
Le scénario tendanciel
Les objectifs de résultats (le « bon état »
ou le « bon potentiel ») que la directive cadre demande à
chaque bassin de se fixer (sur la base de critères environnementaux)
sont à considérer pour 2015. Les programmes de mesures sont
à préparer pour une mise en œuvre à partir de
2009. En conséquence le diagnostic à établir doit
nécessairement être dynamique : il s’agit d’anticiper
sur les évolutions des problèmes de l’eau entre maintenant
et l’objectif 2015, pour évaluer « l’écart
» à combler non pas entre la situation actuelle et l’objectif
2015, mais entre la situation que l’on peut supposer en 2015 «
sans rien faire de plus que ce qui est prévu aujourd’hui
» et l’objectif de bon état ou de bon potentiel. On
vise à répondre à la question : avec la poursuite
des tendances démographiques, industrielles, des politiques sectorielles,
et l’application des directives européennes en cours, à
quelle distance serions-nous du bon état des masses d’eau
? Et, par déduction, quels sont les problèmes significatifs
qui resteront à résoudre ?
Le site internet http://www.eaufrance.com
met a disposition des études socio-économiques dans la rubrique
études inter-bassins.
Guide « L’économie
dans la directive cadre », résumé du guide de méthode
européen « WATECO », réalisé par le pôle
évaluation et prospective de la direction des études, de
la prospective et de l’évaluation environnementale de l’Agence
de l’Eau Seine Normandie.
Compte rendu de la réunion des directeurs
de l’eau
Les conclusions
de la réunion des directeurs de l’eau européens (Athènes,
17-18 juin 2003).
Note de cadrage sur la consultation du public
L’article 14 de la DCE prévoit que le public soit consulté
à différentes étapes du processus d’élaboration
du plan de gestion et que les parties concernées participent activement
à sa préparation. Si la participation active des parties
concernées est une pratique déjà bien établie
en France (élaboration des SDAGE par les comités de bassin),
la consultation du public est une nouveauté.
Afin de préciser les conditions d’application de cet article
14, une note de cadrage vient de paraître. Son objectif est de donner
des repères à ceux qui seront chargés d’organiser
les procédures d’information, de consultation et de participation
dans le cadre de la planification par bassin.
Il s’agit dans sa version actuelle d’un projet qui est diffusé
dans les bassins pour information et avis. Les observations recueillies
permettront d’élaborer la version finale pour début
octobre.
La note de cadrage.
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